Sécheresse vaginale, on en parle ?
Si la majorité des femmes ont en entendu parler, beaucoup pensent ne pas être concernées.
Cependant, environ 17% des femmes souffrent de sécheresse vaginale avant la ménopause, et plus de la moitié des femmes seront concernées après la ménopause (voire dès la périménopause).
Cette situation aussi désagréable soit-elle n’est en rien figée. Et vous n’avez en aucun cas à subir, ni à encaisser. Plus vous en parlerez rapidement, plus vous mettrez en place différentes choses pour agir contre cette sécheresse et plus vite vous en serez soulagée. Une sécheresse vaginale installée est bien évidemment plus longue à faire disparaitre.
Il existe de nombreuses solutions : naturelles ou plus conventionnelles, tout comme en kiné spécialisé en uro-gynécologie par exemple.
Chaque femme doit pouvoir choisir ce qui lui convient en fonction de ses convictions tout comme de sa situation personnelle.
Avant tout, je vous rappelle que ces éléments sont donnés à titre d’information. Je ne pose aucun diagnostic, car ils sont réservés à votre médecin. Ma pratique est complémentaire et ne remplace en rien un avis médical. Lorsque cela est possible, vous pouvez informer votre médecin traitant de votre démarche.
Du côté des causes possibles
Une chute du taux d’œstrogène est souvent responsable de la sécheresse vaginale. Ce taux varie physiologiquement au cours de la vie d’une femme en cas de grossesse, d’allaitement, ou encore au moment de la ménopause.
Les médecins parlent d’atrophie vulvo – vaginale car la muqueuse devient sèche et la peau s’affine, s’amincit. La peau peut également se rétracter et les tissus se resserrer entrainant de fortes douleurs lors des rapports sexuels.
- La principale cause : Pré et ménopause. Jusqu’à 50% des femmes seront concernées par la sécheresse vaginale lors de cette période de transition. Lorsque la ménopause se met en place, il y a une chute hormonale (les Œstrogènes dont l’œstradiol un des plus puissant de notre corps, mais aussi progestérone, etc…). L’œstradiol permet de maintenir l’épaisseur et l’élasticité vaginales – de garder les surfaces vaginales humides – de maintenir un flux sanguin génital optimal et enfin de préserver un microbiome vaginal sain. Sa diminution naturelle va donc impacter la femme à différents niveaux. On parle d’ailleurs de Syndrome Génito-Urinaire de la Ménopause (ou SGUM) qi peut impacter la femme au niveau urinaire comme au niveau gynéco.
- Accouchement, allaitement et période post-partum : après l’accouchement ou en cas d’allaitement, la sécheresse vaginale peut apparaitre suite à la baisse temporaire des œstrogènes. Cette situation est souvent parfaitement naturelle. Il est également possible que vos règles ne réapparaissent pas tout de suite ou qu’elles reviennent de façon sporadique du fait des hormones qui empêchent l’ovulation.
- Une contraception hormonale peu adaptée : chez certaines femmes, la sécheresse vaginale est également un effet secondaire courant de leur contraceptif hormonal. La production d’œstrogènes et de progestérone de l’organisme, contrôlant la production de sécrétions vaginales, est remplacée par les hormones de synthèse de la contraception hormonale. Forcément différentes de celles du corps, ces hormones synthétiques ne miment pas toujours parfaitement toutes les fonctions de nos hormones naturelles.
- Des médicaments : anti-dépresseurs / anxiolytiques peuvent chez certaines entrainer une sécheresse. En parler à votre médecin prescripteur permettra d’adapter votre traitement et résoudra le problème le plus souvent. Certains antihistaminiques peuvent aussi être en cause.
- Certaines maladies peuvent altérer le taux d’œstrogènes : maladies auto-immunes (type syndrome de Sjögren), ou chronique comme un diabète mal équilibré, certains traitements médicaux ou chirurgicaux (notamment en cas de cancer et hormonothérapie mais aussi à la suite d’une ménopause d’origine chirurgicale par exemple).
- Le tabac : il abîme les petits vaisseaux qui irriguent le vagin et aggrave la sécheresse vaginale. D’une manière générale, le tabac assèche le corps.
- Une hygiène intime trop agressive : produits nettoyants non adaptés, douches vaginales ou carrément produits parfumant n’ont pas leur place ici. A noter que le port permanent de protections intimes peut également générer une sécheresse des muqueuses.
- Et enfin d’autres causes sont possibles : aménorrhée hypothalamique, ou encore Insuffisance Ovarienne Prématurée (IOP) par exemple.
Bien évidemment, si vous n’êtes pas certaine qu’il s’agit de sécheresse vaginale, ou si les symptômes apparaissent soudainement, ou s’accompagnent d’odeurs, de douleurs en dehors des rapports sexuels ou bien après un rapport sexuel récent, ou encore de saignements vaginaux : consulter un professionnel de santé pour un examen approfondi et un bilan de santé afin d’éliminer d’autres causes est la base.
Les signes et douleurs qui peuvent être ressentis
Les principaux signes : des picotements, brûlures et des démangeaisons, mais aussi des irritations ainsi que des douleurs pendant les rapports sexuels. Certaines femmes ressentent des inconforts au quotidien parfois même pour simplement s’asseoir.
Changement hormonal et sécheresse peuvent également toucher l’appareil urinaire comme déjà évoqué, ce qui vous rendra plus sujette aux infections urinaires récurrentes et donnera à d’autres plus fréquemment envie d’uriner.
La baisse des œstrogènes entraine un pH vaginal qui change aussi. La muqueuse devient plus acide, plus vulnérable. Il peut également y avoir plus de risque de cystite ou de mycose.
La sécheresse vaginale peut aussi s’accompagner d’autres symptômes tels que des saignements irréguliers, ou pertes colorées, de bouffées de chaleur ou encore d’une variation de votre libido.
A noter : des tissus vaginaux sains constituent une sorte de barrière contre les infections. Dans le cas contraire, des tissus vaginaux irrités, douloureux, fissurés ou secs nous rendent plus vulnérables aux infections sexuellement transmissibles. Maintenir une hydratation et une santé vaginales optimales contribue bien sûr à restaurer cette barrière protectrice.
La vision de la MTC
Comme toujours nous allons raisonner en terme de Vide ou Plénitude, de Yin-Yang et de chaleur voire humidité selon vos symptômes. On s’attachera à se qui se passe à l’interne pour comprendre et mieux agir.
La 1er des choses sera de vérifier s’il n’y a pas insuffisance de sang (sans rapport avec le fait que vous ayez ou non encore vos règles).
Le sang – Xue – en médecine chinoise est une matière yin, nutritive qui a aussi une dimension psychique et émotionnelle. Il est étroitement lié au Qi, qui le fait circuler et le produit.
Le sang nourrit les organes, les muscles, la peau, le cerveau et humidifie les tissus, les articulations, les yeux, les muqueuses. Vous comprenez donc l’importance de son rôle en cas de sécheresse vaginale.
Il faudra bien évidemment s’intéresser aussi à la Rate (encore et toujours) qui produit le sang, au Foie qui le stocke et bien sûr aux Reins dont la ménopause signe le déclin naturel et qui gouvernent la moelle productrice, elle aussi, de Xue dans cette vision du corps.
La Médecine chinoise s’attachera à chercher ce qui déséquilibre votre corps pour qu’apparaisse cette sécheresse vaginale.
La 1ere des choses à faire sera donc de revoir votre alimentation. C’est basique, et parfois cela suffit. Des protéines, de bons gras (avocat, oléagineux, huile de chanvre, noix ou cameline pour les Omégas 3 par exemple,…) permettront de limiter grandement le côté « desséché ». Plus votre alimentation collera à votre déséquilibre, et viendra en quelque sorte remplir ce qui manque, moins votre sécheresse vaginale sera présente.
N’hésitez pas à prendre rendez-vous en diététique énergétique chinoise si besoin.
Les solutions naturelles
Elles dépendront majoritairement du déséquilibre en place bien sur. Et sont souvent proposées au niveau topique cutané.
Pour mémo, aucun gel ni aucune huile aussi efficace que possible ne pourra réparer en profondeur. Les tissus du corps sont considérés comme une matière yin, dense. Cette matière a besoin d’être, certes, entretenue en externe (la version topique) mais bien évidemment nourrie de l’intérieur.
Les huiles naturelles sont les plus connues :
- Huile de coco
- Huile de bourrache ou d’onagre
On les utilise chaque soir en massage sur les muqueuses et à l’entrée du vagin. Elles apportent un vrai soulagement, un confort avec une nette diminution des symptômes type démangeaison, picotement, irritation. Attention, en cas d’utilisation d’un préservatif, elles peuvent le rendre poreux.
- Les plantes médicinales contenant des phyto-œstrogènes (sauge, houblon, trèfle rouge…) sont souvent conseillées mais pas toujours vraiment adaptées à chacune.
On les retrouve très souvent dans les gélules dédiées à la sécheresse vaginale, en vente libre.
Pourquoi ne sont-elles pas adaptées à toutes ?
Vous pouvez par exemple souffrir de sécheresse vaginale et avoir des règles trop abondantes. Dans ce cas, prendre certaines plantes à phyto-œstrogène risque d’augmenter les saignements. Chaque cas est particulier, le mieux reste de demander conseil. Attention aussi en cas de cancer hormonodépendant ou si allaitement.
- Vous pouvez par contre consommer régulièrement des graines de lin moulues*
(1 cuillère à soupe le matin par exemple) dont les lignanes pourront se lier aux sites de récepteurs à l’œstrogène du corps et en moduler les effets. Par contre, les lignanes doivent être transformées au préalable par la flore bactérienne qui dépend de la santé de notre microbiote.
A ce jour (Juin 2026), la consommation de graines de lin est considérée comme entrainant un effet protecteur en lien avec le cancer du sein et les cancers hormonodépendants, permet d’agir sur les bouffées de chaleur de la ménopause, et limite la constipation.
Comme toujours, commencez par petite dose afin de voir comment réagissent votre corps, votre digestion et votre flore. Vous pouvez prendre jusqu’à 2 cuillères par jour en vous assurant de boire suffisamment. Ces graines peuvent bien sûr être ajoutées dans vos plats ou différents mets (crackers, pancakes, etc…).
Certaines femmes utilisent des huiles de CBD en topique (pour son côté anti-inflammatoire, antalgique) mais à ce jour aucune preuve de leur efficacité sur la sécheresse vaginale et les douleurs collatérales qu’elle entraine n’existe. Pour rappel, depuis mai 2026, il est interdit en France de vendre de l’huile de CBD pouvant être consommée (alimentaire).
En interne, de nombreuses plantes permettant de travailler sur le Yin du corps pourront être conseillées, dans l’idéal sous forme de tisane : les plantes à mucilages bien sur (mauves, guimauves, …) et d’autres plus nutritives comme l’avoine par exemple.
Mixer plantes médicinales en interne et adaptation alimentaire selon la diététique chinoise est ma manière d’aborder cette situation afin d’agir sur le long terme. Les soins locaux sont évidemment nécessaires pour apporter un soulagement rapide en complément.
Les options plus conventionnelles
Même si certains rayons regorgent de produits miraculeux méfiez-vous de ce qu’ils contiennent. Certains sont remplis d’additifs, de colorants, d’aromes ou parfums… bref n’hésitez pas à lire les étiquettes et/ou utiliser une application pour vous aider. Les différentes possibilités qui s’offrent à vous :
Des ovules ou gels (avec ou sans hormones) très souvent proposés et qui demandent de la régularité pour fonctionner. C’est souvent contraignant.
Des oestrogènes locaux en crème.
Des crèmes hydratantes qui sont bioadhésives, et restent donc sur les tissus vaginaux. Elles s’appliquent régulièrement, généralement tous les 1 à 3 jours, pour aider à maintenir l’hydratation.
Des gels à base d’ acide hyaluronique, un composant naturel de notre peau aux propriétés hydratantes exceptionnelles. Il fait partie des rares ingrédients dont l’efficacité est étayée par des recherches scientifiques. Ces gels auront une action hydratant et cicatrisante sur les muqueuses.
Toujours à base d’acide hyaluronique, des injections de ce produit dans les parois vaginales sont possibles. Le traitement est réalisé par un médecin sous anesthésie locale, l’effet « repulpant » est quasi immédiat. Dans certains cas, il est complété d’un traitement hormonal pour réactiver la lubrification. Ce traitement doit être réinjecté plusieurs fois la 1ere année, et cela représente un certain coût.
Un traitement par radiofréquence (ou técar thérapie) qui agira sur la qualité de la muqueuse et la « bonne nutrition » de la muqueuse est parfois proposé. Plusieurs séances sont nécessaires.
Un traitement par laser. On aborde un budget différent avec ce type de traitement considéré comme très efficace. Les effets durent plus longtemps même si là encore, il est souvent nécessaire de faire plusieurs séances au départ. Certaines le trouvent également plus douloureux que l’injection d’acide hyaluronique par exemple.
Enfin, il existe l’approche médicale hormonale qui doit être prescrite par votre médecin et envisagée après évaluation des bénéfices/risques selon votre situation personnelle.
On n’oublie souvent l’aspect mécanique du corps, mais pensez à la rééducation périnéale peut être un plus. En travaillant la contraction du périnée avec une/un professionnel.le formé.e vous agirez sur l’atrophie vaginale qui est présente. Ces exercices vont améliorer la circulation sanguine de l’ensemble de la zone, ce qui permet de mieux nourrir les tissus.
Il n’y a donc pas une solution unique mais des solutions plurielles, adaptables à chaque femme, selon ses envies, ses besoins, ses impératifs mais également sa situation personnelle. Je crois personnellement qu’il est tout à fait possible de mixer les approches (travail de fond avec la diéto chinoise, ajout de plantes médicinales si possible, utilisation de solutions plus conventionnelles pour stopper la douleur rapidement, etc…). Le principal étant de retrouver confort et bien être.
Sources : G. Maciocia – le diagnostique en médecine chinoise
Imderpam – Plantes médicinales et médecines douces
Chuzhen – Diététique énergétique chinoise
Merci de respecter ce travail qui est sous licence CC BY-NC-ND 4.0
*renseignez-vous toujours sur d’éventuelles contre indications. ici les graines de lin prises régulièrement sont contre indiquées en cas de diverticulose et/ou de syndrome de l’intestin irritable, sténose intestinale, iléus, paralysie intestinale, mégacôlon, diabète, grossesse/allaitement, etc…
